Nouvelle faite pour le cours d'explorer.
Alerte au Bunker
Depuis trois mois déjà, il était dans ce bunker sur l’ordre de la GRC. Pour protéger son identité, nous appellerons ce il monsieur D.
Monsieur D. avait la tâche de retracer un agent ennemi ayant infiltré le bunker. À chaque jour, chaque seconde, monsieur D. vivait dans la tension. Sa double identité lui pesait, mais il se réconfortait en pensant que celui qu’il cherchait ressentait la même chose, sinon pire. Depuis trois mois, monsieur D. se faisait passer pour un militaire technicien en informatique. Il avait devait veiller à ce que les supers-ordinateurs (les plus avancés en matière de technologie ; ceux dont les écrans étaient encastrés dans des boîtes métalliques) effectuent correctement leurs tâches. Celles-ci étaient de calculer le nombre d’ennemis tués, de recenser les objets volants non-identifiés et de lancer des missiles à distance. Depuis que le Canada avait signé le pacte de 1947 sur les échanges de renseignements et de transmissions entre le Royaume-Uni et les États-Unis, il était la cible d’espions de divers pays.
Au Canada, nous étions donc en temps de paix… Sans l’être totalement.
Le bunker ressemblait à une énorme forteresse avec ses petites cellules qui servaient de chambres, ses portes d’acier cloutés, ses caméras de surveillance et ses systèmes d’alarme. C’était un véritable défi de se retrouver dans ce labyrinthe, et encore plus de retrouver l’infiltré. Un beau matin, (que monsieur D. ne pouvait pas voir, car l’édifice était sans fenêtre) alors que notre espion hésitait entre un verre d’eau ou un jus d’orange pour accompagner ses œufs brouillés, un militaire vint le chercher. Un super-ordinateur affichait des phrases incompréhensives.
Des messages d'erreurs s'affichaient. Monsieur D. craignit un instant que ce ne soit l'espion ennemi qui bousillait les données, mais il poussa un soupir de soulagement quand il vit que c'étaient seulement des phrases codées. La GRC avait enfin trouvé un moyen de communiquer avec lui.
Monsieur D. savait déjà que sa cible était un Américain traître à sa patrie qui travaillait pour le MGB, un service secret de l'U.R.S.S.
La GRC lui apprenait maintenant que l’homme se faisait passer pour l'un des 500 officiers subalternes blancs du bunker. L'étau se resserrait. Monsieur D. suivait les gestes et les paroles de tous avec attention.
La nuit du 26 janvier 1949, alors que monsieur D. se levait pour aller satisfaire un besoin naturel, il entendit un bruit sourd. Il sortit prudemment de sa chambre et rasa les murs. À l’angle d’un couloir, il aperçut la forme inanimé d’un garde de nuit. Monsieur D. s’arrêta, le temps prendre le pouls du garde (qui avait sûrement été endormi à l’aide de chloroforme), puis reprit sa marche prudente vers la salle des supers-ordinateurs. La lumière fantomatique d’un ordinateur ouvert se reflétait sur le plancher du couloir. Monsieur D. s’aperçu que les caméras de sécurité étaient désactivées. Lorsqu’il entra dans la salle, il vit un homme cagoulé qui tentait de larguer des missiles sur une partie de la Colombie-Britannique. Monsieur D. se précipita sur lui, mais l’homme mit en marche les missiles et prit la fuite. Notre héros n’avait pas le choix de le laisser aller et alla taper en vitesse le mot de passe, qui désactiva les armes instantanément. Puis, il se hâta dans le couloir, mais l’espion avait déjà disparu, sûrement en train de faire à semblant de dormir dans sa chambre. Monsieur D. amena le garde à l’infirmerie où un médecin veillait déjà sur un homme fiévreux. Avec frustration, il retourna dans sa chambre, sans pouvoir fermer l’œil de la nuit.
Le lendemain, la GRC fit parvenir un nouveau message à monsieur D. On avait perdu la trace de l’ennemi dans le bunker et on croyait l’avoir repéré dans une autre institut scientifique, à 2 heures de là. Monsieur D. se réjouit d’avoir fait fuir son adversaire. Il allait pouvoir rentrer chez lui bientôt.
Ce soir là, il dû, malgré tout, travailler très tard sur la réparation d’un ordinateur qui avait surchauffé. Soudain, son cœur bondit dans sa poitrine. Un homme cagoulé venait d’apparaître dans le cadre de la porte. Et il n’était pas seul. La GRC avait été bernée sur toute la ligne : deux espions avaient infiltré le bunker. Monsieur D. apprit que c’était l’un de ses adversaires qui avait envoyé ce faux message de fin de mission. Il se débattit contre ses agresseurs mais fut vite plein de meurtrissures. Ils le laissèrent, mâchoire déboîtée et presque mort, dans un coin de la pièce. Alors que l’un enclenchait de nouveau le mécanisme des missiles, l’autre montait la garde près des corridors. Monsieur D. releva un peu la tête et vit l’ordinateur qu’il venait de réparé. Celui-ci était toujours allumé. Notre espion rassembla ses dernières forces et se traîna près du clavier. Voyant que l’un des malfrats tournait le regard dans sa direction, il joua la comédie et gémit, la tête sur le plancher. Puis, il se redressa et, veillant à être discret, tapa un code sur l’ordinateur. Une alarme se fit entendre et des lumières rouges clignotèrent, réveillant les militaires. Ceux-ci sortirent promptement de leur chambre, coinçant la fuite des espions. Monsieur D. fut vite amener à l’infirmerie où l’on constata que deux de ses côtes, en plus de sa mâchoire, étaient fracturées. Lorsqu’il fut remis de son aventure, monsieur D. fut récompensé pour son excellent travail. Cependant, comme son exploit était connu jusqu’en U.R.S.S., il dû quitter la GRC et changer d’identité, pour plus de sécurité. Monsieur D. allait enfin connaître une vie plus paisible.